Comment le secteur alimentaire influence la mode de demain ?

Les initiatives anti-gaspillages ou les idées pro-écologiques ne concernent pas seulement le monde de la gastronomie.

L’industrie de la mode est particulièrement critiquée et montrée du doigt pour être un cancre dans la catégorie « écolo ».

En plus d’inciter à acheter toujours plus en quantité, la fabrication de vêtements est souvent  catastrophique pour l’environnement : utilisation de produits chimiques, teintures toxiques rejetées dans la nature, consommation d’eau excessive pour la production des matières premières… la liste des mauvais points à distribuer à la filière est longue ! Selon un rapport récent, la mode polluerait plus que les vols internationaux et le transport de marchandise réunis.

Certaines enseignes s’intéressent –ou du moins font mine de s’intéresser- au problème, comme le géant H&M, qui propose un concours « Global Change Awards » à de jeunes marques qui inventent les solutions pour que le vêtement de demain soit propre. Comprenez-nous bien, on ne veut pas dire « propre » au premier sens du terme, mais bien sur le plan écologique.

Les internautes peuvent voter sur le site dédié pour leur projet préféré, avec à la clé pour le gagnant, 1 million d’euros pour développer son projet.

Parmi les lauréats du concours, 3 projets ont attiré notre attention, faisant résonner à nos oreilles des termes familiers : « algues », « champignons » ou encore « ananas »…

Voici des mots qui nous parlent, des mots que l’on aurait pu entendre à l’arrière d’une cuisine ou lire sur la carte d’un restaurant, mais qui pourtant, cette fois-ci, concernent bien la mode… et l’écologie.

Crop-A-Porter s’intéresse à la matière première du vêtement : le textile. Un gros (gros) sujet, quant on connait les scandales qui touchent l’industrie du coton, pour ne citer qu’elle, une des plus polluantes au monde. Crop-A-Porter propose donc de fabriquer des textiles à partir des restes de récoltes de culture vivrière, en transformant les déchets laissés par la culture du lin, de la canne à sucre, des bananes ou des ananas en matière textile.

Algae Apparel propose d’utiliser des algues pour créer des teintures écologiques : au delà du respect de l’environnement, c’est aussi une bonne nouvelle pour notre corps, lorsqu’on sait tous les produits toxiques présents dans les teintures classiques et leurs conséquences sur la santé humaine.

Enfin, Fungi fashion veut fabriquer des vêtements à partir de racines de champignons décomposés. Super bonus pour ce projet : lorsque votre tshirt Fungi fashion sera démodé, vous pourrez le laisser se décomposer dans votre jardin sans aucun risque pour la nature, entre vos plants de tomates bio et vos carottes anciennes : so fashion.

 

Marion Cousin

Editorial Manager @ Bim Magazine