Une dégustation de pesticides, ça vous dit ?

C’est ce que propose un chef et un biologiste pour sensibiliser à la présence de pesticides dans le vin…

Imaginez que l’on vous serve un grand verre d’eau fraîche… bourré de pesticides, à une dose similaire que celle retrouvée dans le vin. Si cette idée ne donne certainement pas très envie, c’est pourtant de cette manière que Jérôme Douzelet, un chef cuisinant exclusivement des produits bio à Barjac, et le biologiste Gilles-Eric Séralini ont décidé de sensibiliser les viticulteurs, et le grand public, au goût des pesticides.

L’argument de départ de ce duo a été de se dire que, puisque tous les cuisiniers goûtent chacun des produits qu’ils vont utiliser dans leurs plats, pourquoi est-ce que les viticulteurs ne le feraient pas ? Le fait de goûter volontairement ces produits reconnus comme étant dangereux pour la santé reviendrait exactement à déguster un vin dit conventionnel… 

Un livre pour prouver que les pesticides ont un goût

Après avoir expérimenter ces dégustations auprès de plus de 70 professionnels de la gastronomie et du vin, tout le protocole de sensibilisation (dégustation du vin, puis des pesticides diluées dans le verre d’eau, et du vin à nouveau) a été détaillé dans un livre, « Le goût dans pesticides dans le vin », sorti en janvier dernier aux éditions Actes Sud. Parmi les testeurs, on peut notamment compter le grand chef Marc Veyrat.

L’idée des auteurs est de montrer que les pesticides ont véritablement un goût, et deviennent donc un ingrédient supplémentaire à part entière du vin, dont le goût n’est alors pas du tout le même que celui du vin naturel. À la fin de l’ouvrage, toutes les sensations provoquées en terme gustatifs et olfactifs par les 11 différentes sortes de pesticides présentes dans les bouteilles de vins conventionnels ont été recensées.

Si certains viticulteurs réagissent en dénonçant ce projet comme un coup de communication profitant de la vague d’intérêt pour le « bien-manger », les deux auteurs soulignent que la viticulture conventionnelle figure tout de même parmi les plus gros consommateurs de pesticides au monde, et les taux de pesticides retrouvés dans le vin dépasses largement ceux autorisés pour l’eau potable… De quoi nous convaincre de passer au vin bio !

source : Lexpress.fr

Loukiana Leite

Rédactrice @ Bim Magazine